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Dialegein

La formation philosophique ouvre l'esprit à la considération de la diversité des objets. Ce blog d'un professeur de philosophie propose des articles thématiques variés.

Le bateau de l’humanité de Peter Sloterdijk

Publié le 16 Juin 2007 par Bruno Guitton in Philosophie

Le bateau de l’humanité de Peter Sloterdijk

 

La question examinée dans l’essai* de Peter Sloterdijk(1) est ma foi assez traditionnelle. Lorsqu’un philosophe s’interroge sur la politique, il est vrai qu’il lui est assez difficile d’éviter l’examen de ce type de problème : comment former une communauté humaine et sur quoi fonder le sentiment d’appartenance de ses individus?

La réponse du philosophe est triple. Elle s’articule sur un constat : les sociétés ne sont  des sociétés que parce qu’elles s’imaginent qu’elles le sont. Trois critères ont joué ce rôle dans l’imaginaire politique: la répétition du même dans les sociétés de la paléopolitique, c’est à dire le temps des hordes et des tribus, la conscience du Grand (géographique et démographique), c'est-à-dire d’un Homme qui cherche et pense l’universel, fondant des empires et des civilisations dans ce que Sloterdijk appelle la mégalopolitique, enfin, la mondialisation où l’homme doit faire l’apprentissage de la globalité. Notre philosophe allemand tirera de ses analyses la conclusion que l’on ne peut faire porter la responsabilité des difficultés de la politique aux seuls hommes politiques, qui en définitive, constatent (dans le meilleur des cas) ou subissent (c’est plutôt la règle) la crise des civilisations.

 

Mais reprenons Sloterdijk. Au départ, il y a la préhistoire comme premier lieu du politique. Idée originale puisque le temps des hordes semblerait plutôt marqué par la contrainte de l’instinct que par la conscience claire de choix qui structureraient une organisation des individus. Mais l’auteur défend explicitement l’idée qu’il y a politique parce qu’il y a finalité de la structuration des groupes et communautés : la répétition de l’espèce, du même, objet ici d’une véritable téléologie. En effet, soyons sur nos gardes car ce qui exclut l’homme préhistorique de la sphère politique est la primauté des grandes civilisations qui affirment être les berceaux de l’humanité ( il y a 4000 ou 5000 ans). Or c’est le proton pseudos (erreur capitale) pour Sloterdijk. Dans leur modélation, les civilisations rejettent tout ce qui incarnerait un autre, vraiment autre, c'est-à-dire non civilisé, non policé, donc non-politique.

Bien, mais rien ne nous interdit d’être un tant soit peu critique, car si nous pouvons accepter que bel et bien filiation il y eut entre les hommes de l’histoire et ceux de la préhistoire, il paraît un peu difficile de soutenir que cette filiation soit aussi politique (2). Elle est incontestablement biologique, objet d’étude des théories de l’évolution. Par contre, elle soustend une conception de la politique où il y aurait dans la nature une intention, finalité de la répétition, donc une conscience naturelle de l’espèce répondant chez l’individu à l’inconscience de ses instincts. Thèse très largement battue en brêche par Spinoza par exemple dans son appendice au livre I de l’Ethique. L’homme voit de la finalité là où il n’y a qu’un implacable enchaînement des causes et des effets.

Mais Sloterdijk va préciser sa pensée en montrant le passage vers la communauté humaine : cette espèce va en quelque sorte s’humaniser en déviant du courant de la mère nature et en formant des ilôts que sont les hordes et les tribus qui deviennent peu à peu les lieux d’un processus de culturation ouvrant les êtres au monde et aux autres. Elles font de l’homme un marginal biologique aux particularismes psychoculturelles marquées : attitudes face à la mort, aux étrangers, aux distinctions homme/femme, jeune/vieux, etc qui n’ont plus rien à voir avec une quelconque expression des instincts(3). Pour résumer, Sloterdijk définit cette période de la paléopolitique comme l’art du possible à petite échelle- l’art de se maintenir petit pour le bien le plus grand, la vie animée.(4)

 

Le deuxième temps des sociétés humaines qui fabrique en quelque sorte le sentiment d’une identité pour le « vivre ensemble » est celui de la politique classique. Il consiste à présenter l’impossible comme possible, l’impensable comme évident : l’union de milliers de hordes dans l’ensemble du Grand. C’est à ce moment que naissent les penseurs de l’Universel, c'est-à-dire les métaphysiciens qui vont confronter la réflexion à la problématique du Grand : comment intégrer les hommes dans des ensembles qui, à chaque fois, cherchent la plus grande extension ? L’importance que les Grecs ont pu avoir dans leur prise en charge de cette entreprise est représentative de ce travail spéculatif. Peter Sloterdijk voient en eux les entraineurs du Grand, ceux qui initient les jeunes gens à l’intégration dans la Cité ou l’Etat en justifiant cette intégration par une ontologie, une eschatologie, une métaphysique. Ces philosophes de la période axiale(5) pratiquent une sorte d’athlétisme d’Etat qui a pour but de former au politique par des exercices de méditation et des pratiques corporelles, les jeunes générations. En effet, il s’agit de fabriquer des athlètes du commandement, des êtres qui se font obéir, capables d’utiliser les autres, de les instrumentaliser et de faire passer le message de la rigueur au nom des concepts de Bien Commun, d’Intérêt Général, Justice,etc. Mais ce développement a un prix que le philosophe allemand va clairement fixer : au sein de l’espèce politique et des formes de son existence (Etat, Empire, Civilisation) deux groupes humains peu à peu se spécifient. Il y a ceux qui luttent pour la survie dans une culture de la pénurie et ceux qui se perfectionnent sans relâchement  dans les Arts, les Sciences et la Philosophie(6). Afin de décrire ce phénomène, l’ouvrage construit une métaphore spatiale : plus on est loin du centre (noyau du pouvoir, de la décision, de la réflexion, des connaissances, des techniques et des arts), plus on subit les effets de la politique classique : on est alors littéralement sujet du politique, c'est-à-dire, ce sur quoi elle s’exerce ou tout bonnement exclus de son champ. On peut expliquer ce centre par la constitution d’un magistrat intérieur, par apprentissage et éducation, qui permet aux fonctionnaires de l’Etat de juger les autres, de se juger eux-mêmes, sorte de métonymie du Tout. Sloterdijk n’est pas, ici, sans évoquer le Surmoi freudien, instance intérieure qui dit la loi dans l’inconscient.

Si l’interprétation du fondement généalogique de la politique peut être ici reçue, il manque à la pensée de l’auteur une réflexion anthropologique : qu’est-ce qui rend possible la pensée de l’universel ? Qu’est-ce qui en nous fabrique des valeurs ? Au fond, ce manque pointe la Raison que Sloterdijk ne raisonne pas. On ne peut mettre sur le même plan ce qui unit les hommes dans les mythes fondateurs, producteurs de morale, de valeurs et ciment du lien social, et les analyses philosophiques qui sont en rupture avec la pensée mythique. Comme cette faculté rationnelle est à la fois ce qui invente une nouvelle nature universelle, un sujet de la ratio ou du calcul mental sur les idées et les concepts, et dans le même temps, ce qui rend possible une autonomie personnelle de l’esprit contre les mythes et les croyances, on aurait bien tort de considérer que les objectifs de la raison sont univoques et que ces fins sont parfaitement identifiables…En réalité, la raison cherche à penser le Tout et le refus du Tout, l’universel de l’appartenance et la subjectivité de l’individu. L’on en donnerait pour preuve ce que refuse Epicure d’un héritage grec qui pour lui, se dit dans le retranchement de la cité, tout préoccupé d’un bonheur individuel et non collectif, tout occupé à mettre au-dessus de la philosophie, la prudence, cet art concret du bien-vivre personnel.

 On sent que Slotedijk s’attache une fois de plus  à un état politique qui se réduit à n’être qu’un pur produit d’une téléologie de l’espèce dont l’essence demeure la répétition du même, la reproduction de soi par soi. Or, n’en déplaise à l’auteur de cet essai, ce que la marche vers la constitution du Tout montre, là, pour le moins très clairement, ce sont les guerres, ou autres conflits violents, qui finalement, mettent en péril, le but biologique de l’espèce, le faisant ici apparaître comme le postulat de Sloterdijk. Il n’échappera à personne que de tous les animaux, l’Homme est le seul qui a travaillé, avec persévérance, détermination, sérieux et rigueur, à sa propre fin. Sloterdijk y fait une modeste référence (p54) en évoquant les guerres impériales et anti-impériales. Pourtant, ce n’est pas suffisant. La constante de la violence, son perfectionnement, la volonté du meurtre et de l’anéantissement incarnent les preuves qui falsifient la thèse de l’aspiration à la continuité de l’identité.

 

Qu’est-ce qui constituera alors le dépassement de cet âge classique ? Le moment de crise de cette époque est l’annonce nietzschéenne de la mort de Dieu (7). Ce ciment du politique ne peut plus jouer son rôle unificateur. Le monde, avec ses 190 Etats où sont parlées entre 5100 et 2000 langues suivant les différentes études, par près de 6 milliards d’individus, se dit dans une diversité de sens qui complexifie considérablement l’évolution vers le Tout. Si, dans la politique classique, l’appartenance prenait la forme de l’englobement dans le lieu, (Ville, Nation, Etat, Civilisation), de l’enracinement dans la terre que l’on travaillait, la modernité fabrique des acteurs du nouveau monde qui sont « branchés », raccordés, pourrait-on dire. Internet, les moyens de transport rapides, la multiplication des accès à l’information permettent une interdépendance inouïe des populations du globe. La question devient alors angoissante : quel type d’athlétisme d’Etat pour faire face à ces nouveaux défis ? De ne pas disposer de la réponse, découle consciemment ou inconsciemment une certaine désillusion face aux hommes politiques. Ils semblent impuissants, décalés, dépourvus d’intuition, stériles dans la pensée de leur projet, et portés par le cours d’un fleuve turbulent dont ils ignorent le tracé. Cependant, Sloterdijk nuance cette approche en rappelant simplement (et qui peut le nier?) que les individus ne sont pas mieux lotis dans ce monde de changements. Alors, il est peut-être plus facile de culpabiliser la classe politique que de prendre la mesure du nouveau monde qui se développe devant nous, voire souvent sans nous. Celle-ci accompagne ou fomente parfois les retours en arrière : nation, régionalisation, nettoyage ethnique (8),etc. qui sont autant d’indicateurs d’une hyper société mondiale où les hommes n’ont plus de repères ou à chaque fois moins d’ancrage. Ce qui manque se résume à un imaginaire commun capable de faire en sorte que tout individu trouve en lui son identité politique ou les raisons de son « vivre-avec-les-autres ». Sloterdijk en profite alors pour dénoncer les conséquences de la volonté du plus grand englobement : les totalitarismes, politiques de la fusion entre le peuple et le guide, entre le Grand et le petit.

Alors, la démocratie est-elle encore et toujours la solution politique aux errements de l’ère de la globalisation ?

 

L’auteur met en cause le binôme démocratie/capitalisme, qui est recherché théoriquement pour rassurer les individus alors que l’on sait bien que le capitalisme peut sans peine se développer dans les pires dictatures. Si tel est bien le cas, ce qui est proprement démocratique aujourd’hui n’est pas l’alliance du capitalisme économique et de sa forme de garantie politique, la démocratie, mais plutôt une certaine manière de faire exister l’individu comme insularité. Qu’est-ce donc pour Sloterdijk que la démocratie ? Si les Occidentaux n’ont pas de mal aujourd’hui à se définir comme démocrates, ce n’est généralement pas parce qu’ils ont la prétention de soutenir la communauté politique par des efforts quotidiens mais parce qu’ils considèrent à bon droit la démocratie comme la forme de société qui leur permet de ne penser ni à l’Etat, ni à l’art de l’appartenance. (9)Dans cette perspective, la démocratie serait le consensus politique des non-politiques non sociables.(10) L’homme démocratique de notre siècle serait alors un nomade, en marge de l’imaginaire politique, qui cherche justement avec subtilité, persévérance, et stratégiquement à consolider son îlot à l’écart de tout lien de conscience politique. Or ce n’est pas antidémocratique pour notre philosophe allemand, c’est au contraire ce dans quoi réside la modernité de la démocratie. Pour la première fois, la société humaine cherche à reproduire ses « je », ses îlots, et non la collectivité. Voilà au fond une productivité de ce monde moderne improductive pour l’espèce mais productive pour les conditions du bien-être de l’individu.

 

Nous sommes en présence d’une analyse qui s’exprime dans le ton et le style originaux de Sloterdijk tout en ne disant rien de fondamentalement original si l’on prend en compte les critiques, ne serait-ce que sociologiques, de la démocratie moderne. De plus, la verve alarmiste me paraît ignorer que la solidité des régimes démocratiques pourrait peut-être venir de la défense des sujets, de leur îlot, à une condition : qu’ils soient conscients que la politique du Tout vaut pour faire exister décemment les parties. Conscience politique d’abord, conscience subjective ensuite. Il n’est pas incompréhensible par conséquent que l’on cible, aujourd’hui, l’Ecole comme maillon faible de la constitution  de cette conscience. Que nous soyons des sujets ne serait pas si grave en soi mais des sujets seconds et des citoyens premiers. Or c’est la mission politique de l’Ecole…

 

Ce qui nous intéresse chez Sloterdijk, c’est la réaffirmation que le Grand est porteur de dangers et qu’il semble difficile d’éviter le retour vers le particularisme des ensembles de plus modestes dimensions, ne serait-ce que philosophiquement. Cette idée ne contredit pas la globalisation ou mondialisation. Etre dans une position d’échanges, d’interactions, être informés, connectés, cablés, ne s’oppose pas à une identité plus restreinte, plus confortable, de proximité et d’ancrage. Or, ceci n’est pas interrogé, alors que nous pensons que c’est La question du futur des sociétés politiques : la politique peut-elle se donner les moyens d’articuler des identités de proximité avec des différences à distance, qui nous sont parfois imposées ? Peut-on vivre ensemble dans des cadres géographiques, démographiques, économiques à visage humain, tout en s’impliquant dans la globalité des communautés du monde ? La réponse n’est pas dans le livre du philosophe de Karlsruhe. Mais ne serait-ce pas là le mérite de la pensée de Sloterdijk que de nous indiquer l’urgence en matière de réflexion politique ?

 

BRUNO GUITTON

 

 

 

NOTES

* Peter Sloterdijk, Dans le même bateau, Collection Rivages, 1997.

1- Philosophe, écrivain, essayiste, professeur de philosophie et d’esthétique à Karlsruhe et Vienne, né en 1947, formé à l'école de la phénoménologie, de l'existentialisme et de la théorie critique, Peter Sloterdijk est sans doute aujourd'hui le penseur allemand le plus novateur et le plus expressif. Comparable, par la radicalité de sa pensée à Nietzsche et à Bataille, inventeur de ce qu'il nomme un discours poétique    « flottant », familier de la philosophie et de la poésie françaises, qu'il s'agisse de celle de Bachelard ou de celle de Michaux, il a fait sauter le cadre de la philosophie académique. Avec la Critique de raison cynique (traduite en 32 langues et constituant sans aucun doute un des plus grands succès d'une œuvre philosophique), en passant par Le Matérialisme de Nietzsche, Dans le même bateau, jusqu'à sa trilogie Sphères, Peter Sloterdijk a cherché à établir une nouvelle pensée : une théorie de la révolution et des analyses tant sociologiques que culturelles intégrées à ce qu'il appelle la «microsphérologie», c'est-à-dire l'interprétation de relations symbiotiques individuelles. (source: euracademie.org, mars 2005).

Son site : http://www.petersloterdijk.net/french/index.html

2- Alors que les grandes civilisations ont toujours pris l’être humain comme une donnée afin de pouvoir l’utiliser à des travaux, des fonctions, et autres missions, le monde de la préhistoire est au contraire parcouru par la conscience que, dans un monde de risque et de pénurie, l’art du possible réside dans le fait d’appeler à la vie des êtres humains à partir d’autres êtres humains existants avant eux.

Peter Sloterdijk, Dans le même bateau, p18.

3- Toute l’histoire primitive est celle d’une révolution : l’éclosion d’une contre-nature au sein de la nature-on pourrait dire aussi que le thème de la plus ancienne histoire de l’humanité est la sécession opérée par les hordes et leurs membres vis-à-vis de la Nature primitive. Ce que nous appelons commodément préhistoire est un hyperdrame présentant une suite réussie d’évolutions de luxe. C’est dans la couveuse des hordes primitives qu’ont eu lieu les plus étonnantes expériences biologiques pour modeler l’homme. C’est là et uniquement là, que l’homo sapiens a pu devenir ce marginal biologique, tel qu’il nous apparaît maintenant, et aujourd’hui plus que jamais.

Peter Sloterdijk, Dans le même bateau, p21.

4- Ibid, p28.

5-Terme emprunté au philosophe Karl Jaspers dans son ouvrage Le sens de l’histoire. Il y fait référence à une période située entre 800 et 200 avant Jésus-Christ, considérée comme essentielle pour le développement de la spiritualité de l’humanité (cf. on y trouve en effet : Confucius, Lao-Tsé, Bouddha, Zarathoustra, les prophètes juifs, Parménide, Héraclite, Platon,etc.)

Ibid, Notes p 89.

6- Ibid, p 46

7- Nietzsche, Le Gai Savoir, Livre III, &125, (1882).

8- Peter Sloterdijk, Dans le même bateau, p66.

9- Ibid, p80.

10-Ibid,p81.

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Michel DREVET 14/09/2009 11:39






Bien d'accord, sans doute plus...
 
C'est en tout cas d'accord avec votre conclusion que j'éprouve quelconque séduction voire édification à la lecture de cet auteur.
Il y-a-t'il quelque chose de très performant ("à jour, si incomplet") dans les motifs et manières de P SLOTERDIJK à ne pas explorer comme autant agissante que par le passé la nécessaire rationalité comme vous la dites? (La dialectique du tout et des parties, avec fondation de la morale, avec l'évitement de la violence, la constitution politique)
 
"Or, n’en déplaise à l’auteur de cet essai, ce que la marche vers la constitution du Tout montre, là, pour le moins très clairement, ce sont les guerres, ou autres conflits violents, qui finalement, mettent en péril, le but biologique de l’espèce, le faisant ici apparaître comme le postulat de Sloterdijk "
Ce serait, avant que d'examiner l'affirmation d'un tout, puis d'un but biologique (le motif survie/pénurie relève quand même de la politique...) , au motif d'un éclatement de la raison classique- à mon sens celle usuelle de "l'offre et demande" en action, mais parvenue hors sa mise en œuvre vers une communauté suffisante-, qu'il faudrait s'attarder, ce que fait l'auteur à mon sens, même sans rien n'en dire dans ces mêmes termes autant classiques ('Sphères': expression d'abord ontologique et topologique d'un constat élaboré par l'auteur, mais pas doctrine).
 
Si le transfert que je me permet est trop simple, dire que la morale et la question de la violence s'évacuerait à peu de frais dans les écrits de P.SLOTERSJIK me parait au même plan.
D'une chose comme de l'autre il en est question.
N'y est-il pas question singulièrement de la protection mais de l'imagination , de constitutions très objectives: les réseaux, et donc autant de constitutions politiques problématiques?
Si pas de solutions dites, au moins un autre biais et cela vaut largement.
 
Quelle addition "mondialement" exposée des rationalités?
N'est ensuite pas très engagée l'époque dans une construction morale "mondialisée" et au moins paraissant raisonnable, qu'une nécessité morale s'envisage dans l'inter-subjectivité élémentaire, ou dans une étendue démocratique supposée.
Le moins que l'on puisse dire est que la prise en tête du raisonnable est sur-concentrée, ou bien sur-éclatée,et les financements inadaptés. La position des intellectuels est toujours en question.
A ces manques, les replis moraux sont d'abord multipliés pour chacun et à son compte, peut-être dans une aventure irraisonnée vertigineuse:
Individualisme et consumérisme, formes individuelles et formes démocratiques agissent confusément, d'une confusion bien plus étendue et d'une rapidité plus sensible que dans l'histoire proche.
Constater que la raison n'a encore pu faire là quelque chose absolument éclairant, sauf à admettre ou constater qu'alors elle ferait pari, fait parti du propos de l'auteur, suivant mon interprétation en tout cas, et cela me parait intéressant, même utile.
Car cela pousse aux réflexions et pourquoi pas aux constructions.
Il y aurait plus une question d'information et d'éducation, qu'un propos d'École déjà proprement programmé, en tout cas un pourquoi les propos de P. SLOTERDIJK sont édifiants.
 
Rien de nouveau en effet, s'il est entendu que l'individu et du parti des tireurs d'épingles du jeu, tandis que la doctrine (A.Shmith) agit en témoignant de ses causes et de ses effets, et que l'action arbitrale de l'état requiert quelques vues politiques.
Pourtant, l'individu comme le décrit en topologie P. SLOTERDIJK, est incité au moins à imaginer d'autres lieux, même tandis qu'il s'obstinerait autour du même tapis de jeu, et alors que les joueurs placés aujourd'hui procèdent à leur auto-raréfaction.
 
Vous remerciant, car vous exprimez un avis non directement lapidaire, comme ils sont trop nombreux avec cet auteur.
M. DREVET